Forêt et eau potable

L’eau potable d’origine forestière : une ressource importante

L’eau potable issue des captages situés en forêt a toujours été un thème prioritaire affiché dans le plan d’actions de la charte forestière.

En 2014, un travail réalisé par Gaël Drouillard[1], étudiant encadré par l’ONF a permis de dresser un état des lieux sur la ressource en eau potable sur la Communauté d’Agglomération du Grand Guéret. Cet important travail a pu mettre en évidence les faits suivants :

  • 1,5 millions de m3 consommés annuellement pour satisfaire les besoins de 13 000 abonnés.
  • 85 % proviennent des 141 captages situés en forêt. Le reste étant pompé en rivière et dans les retenues d’eau.
  • l’eau potable captée en forêt est d’excellente qualité et nécessite peu de traitement.
  • Le prix de vente de l’eau forestière au robinet génère un chiffre d’affaire annuel de 2,4 millions d’euros (hors part assainissement).
  • Ce chiffre d’affaire de l’eau est 10 fois supérieur aux ventes de bois sur la période 2010-2015. (estimation charte forestière du Pays de Guéret)

[1] licence professionnelle « forêt, gestion et préservation de la ressource en eau » de l’Université François Rabelais de Tours.

Une ressource fragile, sensible aux aléas

Ces captages, situés en forêt, ont fait l’objet pour la plupart d’entre eux, de procédures de Déclaration d’Utilité Publique (DUP). Des périmètres de protection ont été déterminés par les hydrogéologues sous contrôle de l’Agence Régionale de Santé.

Cependant, ces captages restent vulnérables aux activités humaines, notamment dans le périmètre de protection rapproché qui peut représenter des surfaces importantes non matérialisées.

Les captages sont sensibles aux éléments suivants :

  • Conditions météorologiques (sécheresses estivales, pluies torrentielles)
  • Conditions d’exploitation des bois lors des coupes
  • Conditions de mise en œuvre des travaux forestiers (dessouchage, mise en andains).

Dans le cadre de la charte forestière, une action a été mise en place pour sécuriser cette ressource en eau contre les différents aléas liés à l’exploitation forestière. Le mode opératoire pour l’exploitation des bois encadre les chantiers et détermine des modalités d’exploitation en fonction des enjeux. Les coupes situées dans les périmètres de protection rapprochée font l’objet de consignes particulières et d’une vigilance extrême.

Si les aléas liés à l’exploitation forestière ont les moyens d’être maîtrisés, une inconnue subsiste quant aux conséquences de la planification forestière à l’échelle d’un massif. Les aménagements forestiers[2] prévoient en général le renouvellement des peuplements arrivant à maturité. A l’intérieur d’un périmètre de protection rapprochée, les travaux suivants peuvent être programmés :

  • Coupe rase du peuplement avec mise à nu du sol.
  • Arrachage des souches (si présence de champignons lignivores).
  • Rangement des rémanents de coupe.

[2] Plan de gestion de la forêt sur 15 ans

En fonction des massifs concernés, les surfaces à renouveler peuvent être importantes (plusieurs dizaines d’hectares) et situées à proximité de zones de captage.

La question qui se pose est la suivante : « quel sera l’impact de ces coupes  sur la qualité de l’eau brute captée à proximité ? »

Une action innovante lancée en 2016 dans le massif du Maupuy

Description du massif forestier

Le massif forestier du Maupuy est une forêt sectionale[3] de 296 ha située sur la commune de Saint-Léger le Guérétois. La surface productive est de 260 ha avec 80 % de résineux implantés en majorité lors des campagnes d’enrésinement financées par le Fonds Forestier National de à partir de 1950. La surface concernée par des périmètres de protection des captages est de 178 ha.

[3] Forêt qui appartient aux habitants de plusieurs hameaux de Saint-Léger-le-Guérétois

Ce massif forestier, accolé à celui de, est un véritable château d’eau avec une vingtaine de captages qui alimentent la ville de Guéret, la commune de Saint-Sulpice-le-Guérétois et la commune de Saint-Léger-le-Guérétois. L’aménagement forestier approuvé pour la période 2016-2030 prévoit un groupe de régénération de 108 ha répartis sur l’ensemble du massif forestier.

Dans ce groupe de régénération, les peuplements seront coupés et débardés. Le sol fera l’objet de travaux de préparation qui seront suivis de plantation en essences adaptées.

Description de l’action

L’action envisagée vise à :

  • Identifier les captages à proximité des coupes de régénération
  • Réaliser des prélèvements réguliers d’eau brute sur ces captages, avant, pendant et après les coupes et les travaux.
  • Mettre en place une série de paramètres à analyser de manière à identifier précisément l’impact des travaux sur la qualité de brute.
  • Pouvoir à terme tirer des enseignements sur des préconisations sylvicoles à proximité des zones de captage.

Opérations réalisées

  • Mesure du débit
  • Mesure de la température de l’eau
  • Analyses Physico-chimiques de l’eau prélevée
  • pH
  • Turbidité néphélométrique
  • Conductivité à 25° C
  • Carbone organique total
  • Nitrates en NO3

Périodicité : chaque mois avant intervention avec possibilité de prélèvement tous les 15 jours en cas de besoin (travaux, conditions climatiques, etc.)

Les premiers prélèvements ont été réalisés fin juin 2016. Les premières coupes rases ont débuté en août. 3 captages sont directement impactés dès 2016.

 

 

 
Home / Forêt et eau potable